Le blog d’Evelyne

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Femina 2ème sélection

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Le 5 octobre a eu lieu la 2ème sélection de notre jury.

C’est l’une des plus difficiles à établir car elle suppose de passer d’une quinzaine de titres à une dizaine, tout en intégrant parfois des romans nouveaux. Contrairement à ce que pensent certains, c’est parfois un crève-coeur, en particulier, cette année, pour les romans étrangers – un formidable cru. A mes yeux, tous les romans  étrangers de cette liste sont bons, venus d’horizons différents, écrits dans des langues différentes ( italien, anglais, néerlandais, espagnol, hébreu, arabe, hongrois) avec des thèmes et des styles variés. Vous pouvez les lire tous, comme nous. Mais dans la 1ère sélection, il y en avait aussi d’excellents, qui malheureusement n’ont pas réuni assez de voix, tels qu’Une saison de fleurs de flammes, du nigérien Aboubacar Adam Ibrahim (L’Observatoire).

Les 10 romans en langue française constitueront la liste pour le Femina des lycéens. Espérons qu’ils trouveront leur bonheur  dans ces lectures. Ils feront en tout cas des découvertes, c’est certain !

Romans français 

  • Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam (P.O.L)
  • Trois enfants du tumulte d’Yves Bichet (Mercure de France)
  • Je voudrais que la nuit me prenne d’Isabelle Desesquelles (Belfond)
  • Platine de Régine Detambel (Actes Sud)
  • Frère d’âme de David Diop (Seuil)
  • François, portrait d’un absent de Michaël Ferrier (Gallimard)
  • Idiotie de Pierre Guyotat (Grasset)
  • Le lambeau de Philippe Lançon (Gallimard)
  • Par les écrans du monde Fanny Taillandier (Seuil)
  • Roissy de Tiffany Tavernier (Sabine Wespieser)

Romans étrangers

  • Je reste ici de Marco Balzano traduit de l’italien par Nathalie Bauer (Philippe Rey)
  • Taxi curaçao de Stefan Brijs, traduit du néerlandais par Daniel Cunin (Héloïse d’Ormesson)
  • Le monarque des ombres de Javier Cercas, traduit de l’espagnol par Aleksandar Grujicic, avec la collaboration de Karine Louesdon (Actes Sud)
  • Le bûcher de György Dragoman, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly (Gallimard)
  • La loi de la mer David Enia, traduit de l’italien par Françoise Brun (Albin Michel)
  • Le cœur converti de Stefan Hertmans, traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin (Gallimard)
  • La neuvième heure d’Alice McDermott traduit de l’anglais par Cécile Arnaud (La Table ronde)
  • Voyou d’Itamar Orlev, traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz (Seuil)
  • My absolute darling de Gabriel Tallent, traduit de l’anglais par Laura Derajinski (Gallmeister)
  • La marcheuse de Samar Yazbek, traduit de l’arabe par Khaled Osman (Stock)

Essais

    

  • La France des Belhoumi de Stéphane Baud (La Découverte)
  • Histoire des crétins des Alpes d’Antoine de Baecque (La librairie Vuibert)
  • Elsa Morante : une vie pour la littérature de René de Ceccatty (Tallandier)
  • La saga des intellectuels français (deux volumes) de François Dosse (Gallimard)
  • Intérieur jour de Marc Dugain (Robert Laffont)
  • Camille Claudel de Colette Fellous (Fayard)
  • Gaspard de la nuit d’Elisabeth de Fontenay (Stock)
  • Même les monstres de Thierry Ollouz (l’Iconoclaste)
  • Il nous faudrait des mots nouveaux de Laurent Nunez (Cerf)
  • La nostalgie des pays perdus de Jean-Claude Perrier (Cerf)
  • La citoyenneté à l’épreuve : la démocratie et les juifs de Dominique Schnapper (Gallimard)
  • La ruée vers l’Europe : la jeune Afrique en route pour le Vieux Continent de Stephen Smith (Grasset)
  • Un temps pour haïr de Marc Weitzmann (Grasset)

Prochaine réunion : mercredi 24 octobre

 

 

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Un « nouveau » questionnaire

Le propre du chercheur est de savoir que le champ de la recherche n’est jamais clos…à plus forte raison s’agissant de Marcel Proust. Il reste probablement des centaines de lettres  ou de documents (entre autres, le cahier de Mme Proust, l’album « Confidences de salon ») dans les mains des familles de destinataires ou de collectionneurs privés.

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Flora Tristan

Bloch Dano Flora Tristan LDP 2018 0  Ma biographie de Flora Tristan paraît au Livre de Poche. Flamboyante, volontaire, aventureuse mais aussi marquée par  les épreuves, Flora Tristan est inclassable. Celle qui fut la grand-mère de Paul Gauguin partage son goût des voyages et des métamorphoses, sa quête d’absolu. Féministe, première militante de l’union ouvrière qu’elle défendit dans un Tour de France où elle laissa la vie, éprise de justice,  elle est l’exemple même d’une femme libre.

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2ème Femina des lycéens

Deux académies étaient concernées cette année par le Femina des lycéens : celle de Rouen et celle de Caen, auxquelles s’ajoute un établissement de l’académie de Créteil. En tout, 13 classes de Première, soit environ 400 élèves. Notre Prix s’appuie aussi sur des librairies indépendantes, qui prêtent des lots de livres : L’Armitière à Rouen, Le Détour à Granville, Brouillon de culture à Caen, Le Passage à Alençon, La Curieuse à Argentan, et Mille et une pages à Avranches. Qu’ils en soient remerciés !

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Voici la liste des établissements qui ont  participé  au Femina des lycéens 2017 :

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Prix Femina

Les lauréats du Prix Femina 2017 sont :

-Roman français : Philippe Jaenada La serpe (Julliard)

-Roman étranger : John Edgar Wideman : Ecrire pour sauver une vie traduit de l’américain par Catherine Richard-Mas (Gallimard)

– Essai : Jean-Luc Coatalem Mes pas vont ailleurs (Stock)

Un prix spécial du jury a été attribué à Françoise Héritier pour l’ensemble de son oeuvre

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La vie d’écrivain

Sur la route avec Stock

Les écrivains se mettent de plus en plus en scène. Comme si le plus important n’était pas les personnages qu’ils inventent, recréent ou racontent, mais EUX, metteurs en scène et acteurs de leur propre personnage fantasmé : l’artiste maudit mais implicitement génial, épris d’absolu, son flacon de vodka ou de whisky pour attribut, son vieux chien pour compagnon, la romancière souriante signant son service de presse, l’essayiste photographiant son ordinateur et l’oeuvre in progress.

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Jardins

Les Rendez-vous des jardins les 3 et 4 juin : l’ occasion de visiter le merveilleux Potager du Roi à Versailles :

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Et dans toutes les bibliothèques parisiennes ou presque, on fête aussi les jardins de mai à septembre. C’est dans ce cadre  des « Incroyables jardins »que j’interviendrai le jeudi 8 juin à 19h à la Bibliothèque Amélie dans le 7ème arrondissement.

Incroyables jardins

 

Il Giorno

Le mois de mars a vu le début de l’ exposition très attendue du Grand Palais, (sobrement) intitulée « Jardins ».

A cette occasion, parution (le 8 mars en kiosque) d’un hors-série Télérama intitulé L’Imaginaire des jardins, sous la direction de Luc Le Chatelier. De nombreuses contributions, dont celles de Monique Mosser, Alain Baraton, Charlotte Fauve et bien d’autres. J’ai eu le grand plaisir d’y participer pour cinq articles sur les écrivains et les jardins : Boccace, Rousseau, Thoreau, Flaubert et Benoîte Groult.

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De très belles illustrations dont la couverture, un tableau peu connu de Dürer, font de ce numéro un réussite absolue.

Exposition au Grand Palais du 15 mars au 24 juillet :

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Jardins

Et aussi, au Centre Beaubourg de Metz, à partir du 16 mars : « Le jardin infini : de Giverny à l’Amazonie » :

Le jardin infini

Sur Arte, à partir du 20 mars, reprise de la série documentaire :

Jardins d’ici et d’ailleurs

 

 

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Carnet de lectures

Des  impressions de lectures, en toute liberté, sur des ouvrages que j’ai aimés…

PRINTEMPS 2017

Un monde sur mesure de Nathalie Skowronek (Grasset)

Un monde sur mesure

Une plongée dans l’univers du shmattes, le commerce des vêtements exercé par les Juifs venus d’Europe de l’Est. Des tailleurs juifs de Pologne au e-commerce et à la mondialisation, Nathalie Skowronek nous raconte, à travers l’histoire de sa propre famille, celle de cette profession. A la fois saga familiale et regard sur un secteur socio-économique, ce roman m’a passionnée. Ils sont peu, les romanciers à s’être intéressés au commerce. On pense au Bonheur des dames, bien sûr. Mais dans Un monde sur mesure, il s’agit moins de la lutte entre boutiques et grands magasins que de l’évolution d’un métier et de ceux qui l’exercent. « Le shmattès yiddish allait bientôt disparaître » écrit l’auteure. Et avec lui, toute une culture.

L’ordre du jour d’Eric Vuillard (Actes Sud)

L'ordre du jour

Première remarque : l’éditeur et l’auteur , contrairement à tant d’autres, ont  écrit  « récit » sur la couverture, et non « roman ». Voilà un gage d’honnêteté. Ce récit, donc, nous transporte dans l’Allemagne et l’Autriche de février 1933 à mars 1938. Cinq ans pour monter de toutes pièces l’engrenage qui mènera à la  suprématie de l’Allemagne et à la guerre. A la fois grinçant et redoutablement efficace, Eric Vuillard qui est aussi cinéaste nous fait VOIR les petitesses, les lâchetés, les renoncements, l’aveuglement de ceux qui se laisseront séduire ou berner. Puissants industriels, hommes politiques : entre compromis et compromissions, ils sont les artisans complices de cette montée en puissance. En 160 pages acides, tantôt drôles, tantôt émouvantes, Vuillard fait la démonstration de son talent d’écriture et nous met en garde contre l’aveuglement.

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Sise à Beaulieu sur mer, face à la Méditerranée, la maison des frères Reinach est un hommage à l’esthétique apollinienne. Adrien Goetz dont la culture artistique n’a rien à envier à celle de ses personnages lui a consacré trois ans de recherches. Il a choisi de guider nos pas sur les traces d’un personnage de fiction, Achille, le fils de la cuisinière de Gustave Eiffel, devenu un peintre reconnu. A travers la villa Kérylos, aujourd’hui propriété de l’Institut de France, Adrien Goetz réussit, chose difficile , à tisser ensemble l’érudition, l’humour et l’intrigue : triple plaisir pour le lecteur. (d’après mon article dans le Magazine littéraire de juin 2017).

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Magnifique couverture pour ce roman de « la femme au portrait », la belle Adèle Bloch-Bauer peinte par Gustav Klimt. Valérie Trierweiler dont c’est le premier roman a recréé avec talent le Vienne du début du vingtième siècle, à la fois foyer de toutes les audaces artistiques et culturelles, et capitale encore engluée dans les règles de l’empire austro-hongrois. Adèle appartient à la riche bourgeoisie juive – une « seconde société » enviée mais tenue à distance par l’aristocratie. Que s’est-il passé exactement entre le peintre et son modèle ? Valérie Trierweiler dépeint avec finesse et sensibilité les affres de cette jeune femme en mal d’enfant, épouse comblée mais attirée par  Klimt, dont les nombreuses liaisons font scandale. Le style efficace, sans fioritures, évoque par moments les biographies de Françoise Giroud. Plutôt qu’y chercher comme certains journalistes des traces autobiographiques ou la révélation de ses propres sentiments (elle a déjà donné !) savourons  ce roman de Valérie Trierweiler sans arrière-pensée.

(à suivre :   Virginie Despentes)

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