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Disparition d’un grand écrivain

Quand certains écrivains disparaissent, on se sent en deuil même si on ne les a pas connus personnellement, même s’ils ne faisaient pas partie de votre cercle d’amis proches. Mais la lecture de leur oeuvre suffit à en faire des personnages qui hantent votre imaginaire, dans une proximité, une intimité peut-être encore plus intense.

J’ai rencontre Paul Auster en 1993, lors de la publication de Leviathan. J’avais lu tous ses livres et mon admiration en faisait l’égal des plus grands. Je n’avais jamais pratiqué d’interview et venais de me lancer dans le journalisme, si l’on peut ainsi appeler mes premières armes dans un métier qui n’était pas le mien. J’avais préparé cet entretien comme un oral d’agrégation. En anglais, révisant mes questions avec une amie elle-même professeure d’anglais. Lors de notre séance de travail, elle me demande : « Comment vas-tu t’habiller ? » Je la regarde, stupéfaite. « Je n’en sais rien. Cela n’a aucune importance. Il ne va pas faire attention à ça ! »

Le jour venu, j’enfile un tailleur pantalon gris foncé à fines rayures, comme un costume masculin. Je me sens bien dans cette tenue, protégée. Je me rends à l’hôtel rue Grégoire de Tours où je dois rencontrer Paul Auster, pétrifiée de trac. Il arrive, souriant et me dit d’emblée, en français : « J’aime beaucoup votre costume ! C’est très seyant ! » Le reste de l’entretien s’est déroulé en français qu’il parlait mieux que moi l’anglais. J’ai pu lui poser toutes les questions que je voulais. A une ou deux reprises, mes interprétations l’ont fait rire.

Quand je lui ai montré le texte de mon interview, le rédacteur en chef l’a trouvé nul, il m’a insultée en des termes que je ne répéterai pas mais qu’on n’oserait plus prononcer aujourd’hui, heureusement. J’ai dû tout réécrire. Je m’en fichais. J’avais rencontré Paul Auster.

Il m’en reste une K7 audio que je ne peux pas écouter car on ne vend plus ces magnétophones…

 

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Marcel Proust

 

Après le centenaire du Goncourt d’A l’ombre des jeunes filles en fleurs , les 150 ans de sa naissance le 10 juillet 1871 et le centenaire de sa mort, le 18 novembre 1922, une longue période de célébrations de Marcel Proust s’achève. « Mort à jamais ? » Sûrement pas. Il restera à s’interroger sur ce déferlement de livres, d’articles, d’expositions, de spectacles, de lectures, de concerts, sur cette sanctification de l’auteur d’A la recherche du temps perdu et sur sa marchandisation.  Le personnage a pris le pas sur l’oeuvre. Combien l’ont réellement lu, vraiment lu ? Et pourquoi, maintenant ?

J’avoue être un peu mal à l’aise avec tous ces « Proust friendly », avec ce petit bonhomme (il n’était pas petit du tout) moustachu qu’on croit voir ( (à tort) descendre en sautillant les marches d’une église, qu’on aperçoit sur les innombrables affiches, immense écrivain devenu fonds de commerce et tête de gondole. Mais ces anniversaires auront aussi donné lieu à des parutions importantes (Les soixante-quinze feuillets, par exemple, ou Illustrer Proust : l‘art du repeint de Emily Eells et Elyane Dezon-Jones), à de belles et grandes expositions, dont la dernière, celle de la Bnf, « Marcel Proust La  fabrique de l’oeuvre » remet le texte au premier plan.

Mais ne boudons pas notre plaisir !

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Impression…

J’en rêvais depuis longtemps : assister à l’impression de l’un de mes livres.

Plus j’avance dans ce « métier » d’écrivain, plus je m’aperçois que contrairement à la légende, ce n’est pas une activité solitaire. On parle de la « chaîne » du livre. C’est si vrai ! Bien sûr, l’écriture elle-même est un exercice individuel, qu’il se pratique dans la solitude ou dans un lieu fréquenté. Mais

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Colette, toujours

Dans mes moments de mélancolie, c’est toujours vers Colette que je me tourne. Dans mes moments d’émerveillement, au jardin ou ailleurs,  des passages de ses livres me reviennent. La Naissance du jour m’a souvent accompagnée  ; mais j’aime aussi retrouver les romans que je fréquente moins souvent, et les lire comme si c’était la première fois.

Voici quelques occasions de découvrir Colette ou de vous replonger dans son univers

La Société des amis de ColetteAmis de Colette

France Culture : L’émission « La Compagnie des écrivains » proposait en ce début d’année une série de quatre entretiens autour de Colette. Retrouvez en ligne les quatre émissions en podcast.

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France 3  le lundi 23  janvier à 20h30 : Un téléfilm : Colette, une femme si libre.

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– Comédie Française : L’Envers du music-Hall lu par la merveilleuse Danièle Lebrun.

Un régal : un grand écrivain servi par une grande comédienne.

Du 22 février au 5 mars.

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Arte le dimanche 22 février à 21h : l’inoubliable Gigi, avec Leslie Caron.

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